Batz, mon amour

Beaucoup plus qu’une journée parfaite… L’île se dessine, le cœur n’a en pas assez, et pour éviter de perdre une seule miette de cet instant, je plonge dans ce paysage qui me cause. Ma tête est pleine, une envie de m’effacer du temps, me figer dedans pour que les secondes paraissent des heures. J’ai fait la boucle, j’ai marché dans les rues désertes de l’île et les fleurs semblent absorber mes sentiments.

133 - Ile de Batz

Des goélands en sourdine, le flot de ma peau danse avec la mélodie des vagues. Les cumulus orageux dansent peut-être heureux eux aussi, puis disparaissent en fin de journée quand la dernière navette pour Roscoff est à quai. Les flots alentour sont à plein bouillon, ça va cogner le cœur en écume, des images en boucle vont défiler.

134 - Ile de Batz - bateau

La marée est haute,
Batz s’éloigne.

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Le petit matin brumeux

C’était l’hiver. Le petit matin brumeux en traversant la forêt.
Ce flou immense au loin. Ce silence. J’aimais ça.

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La ville était ailleurs
C’était l’hiver et je traversais cette forêt
Les grands arbres qui s’échappaient du crépuscule guidaient mes pas
J’imaginais le ciel, j’imaginais ce qu’il y avait derrière la brume.
Un voile de mystères qui se reflétait dans mon regard.
C’était l’hiver. J’aimais ça. Le goût du froid dans la bouche, les mains
au chaud dans les poches, les pieds gelés.
Je marchais sans savoir où aller. Un bruissement de branches…
Je me suis arrêté.
En me retournant il y avait ces grands yeux noirs qui me fixaient…

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Le rendez-vous malouin

C’est terrible d’habiter si loin de la mer,
ne pas pouvoir se perdre dans l’horizon,
ne pas pouvoir se laisser bercer par la symphonie des vagues qui embrassent les côtes.
Remplir ses poumons,
respirer, respirer,
aspirer par l’odeur des vents du large.

102 - Saint-Malo
St-Malo tu es ma croix, un point sur l’agenda de mes désirs quand ma vie rennaise commence à ressembler à un capharnaüm de doutes et de nuages lourds.

101 - Saint-Malo

Dans le tourbillon d’une vie…

Dans le tourbillon d’une vie qui passe trop vite,
il était là.
Perdu volontaire dans l’immensité d’un paysage sans fin. Un instant. Pour profiter.

Dans le tourbillon d’une vie qui passe trop vite,
il s’est assis sur l’herbe froide d’un mois de janvier où le soleil dans le ciel fait de la résistance. Sauvagement.
Bien sûr qu’il faisait froid. Très froid. Mais un temps glacial ne fera jamais obstacle aux minutes que l’on arrête, pour s’offrir un repris, la beauté bretonne aidant.

Dans le tourbillon d’une vie qui passe trop vite,
il s’est aéré l’esprit, plein les yeux, plein le cœur. Parce que ce jour-là, il voulait que ce bras de mer en janvier soit un véritable soupçon de bonheur inlassable. Saisissable.

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Seul, au Thabor

Cette après-midi là, il n’y avait pas foule au parc du Thabor à Rennes. Il faut dire que la température n’était pas à la fête, mais dans sa tête les mots se bousculèrent.

Quand le rêve se blottit
Au chaud, dans les plis
De la pâleur de décembre
Quand le rêve te gagne
A l’odeur de Bretagne
L’automne se cambre
Et laisse apparaître
Le paysage champêtre
D’une saison mi-fièvre
Aux portes de l’hiver

C’était le chuchotement d’une autre chaleur…

Copyright Fleuter Carnet Breton Thabor Automne

Puis l’automne expire…

Début décembre.

C’était si doux de revenir sur Saint-Malo, même s’il n’y avait plus grand monde sur les remparts et intra-muros. D’une saison à l’autre la vie change un peu, vous voyez, mais finalement, c’est bien mieux ainsi. Bien loin des clichés, la crêpe au caramel beurre salé au coin du feu quand dehors le crachin s’agitait, c’était parfait. C’était pas mal non plus, ces moments où le temps n’avait plus trop d’importance, quand doucement il flottait, porté par le léger vent marin, celui qui nous oblige lorsque l’automne se meurt à ressortir les bonnets et les écharpes des armoires.

 
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Sur Saint-Malo ce jour-là, si l’air avait l’odeur des jours froids, sur les visages les sourires eux étaient brûlants…
Nous étions heureux. Heureux d’un rien.

 

Sur la route

Quand l’heure arrive, apparaissant subtilement dans le ciel du jour fuyant,
le tableau clandestin vient se perdre dans mon regard et cristallise le temps,
le temps de me laisser bercer par ces minutes d’éternité, par ces instants
qui ne font que passer mais qu’on aimera retrouver la prochaine fois,
surpris et émerveillé comme à chaque fois…

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Quelque part sur la route pas très loin de Rennes,
un dimanche soir.